02.01 Les débuts de l'informatique : l'ère des hackers

Framasoft Maker - Level 12

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De la création des ordinateurs jusque dans les années 1970, les utilisateurs partageaient leurs programmes et contribuaient sur ceux de leurs pairs. De par leur prix et leur poids, l’accès des ordinateurs était restreint. À cela s’ajoutait le fait que l’usage de l’informatique requérait un certain niveau technique en la matière, il n’y avait pas de « simples utilisateurs » comme de nos jours. Le partage de logiciels pour une relecture par leurs pairs était donc la solution logique utilisée par les chercheurs : les logiciels étaient à ce titre libres d'être étudiés, utilisés, modifiés, suivant ainsi la logique des sciences en général. Au début de l’informatique, les logiciels étaient ainsi développés collectivement par un nombre restreint de personnes issues de la Recherche, de la Défense et des quelques entreprises vendant du matériel informatique. Elles avaient tout intérêt à permettre la création de communautés de développeurs pour favoriser l'évolution du logiciel, améliorant ainsi la qualité globale des services proposés par l’ordinateur qui était alors la propriété de ces contributeurs et répondait à leur volonté de maîtriser entièrement l’outil acquis. C’est durant cette période que les premiers hackers se sont révélés. Contrairement aux idées reçues, hacker ne signifie pas « pirate informatique », mais au contraire un expert qui se délecte de la compréhension approfondie du fonctionnement interne d'un système, en particulier des ordinateurs et réseaux informatiques. Ils complétaient ainsi d’une certaine manière la recherche académique au travers d’une recherche informelle très finalisée et opérationnelle. Pour finir sur le sujet précisons qu’il s’agissait bien souvent des meilleurs programmeurs qui, dédaignant ce dernier terme, lui préféraient celui, plus argotique, d’hacker (bidouilleur). Compte tenu du coût de fabrication des ordinateurs de l’époque et de la complexité en comparaison du coût relativement faible des logiciels, le prix de ces ordinateurs couvrait notamment les programmes destinés à être exécutés sur quelques-uns d'entre eux seulement. Les logiciels étaient alors dénués de toute valeur économique intrinsèque, il n’y avait pas d’intérêt à les rendre rivaux ou exclusifs. Les logiciels étaient donc partagés aussi largement que possible au sein d'un écosystème de personnes intéressées par leur évolution. Néanmoins, la baisse du coût des ordinateurs et l’augmentation de la valeur des logiciels, de plus en plus complexes et par ailleurs capables de fonctionner sur un environnement hétérogène (autrement dit, sur plus d'un ordinateur), ont graduellement renversé la tendance. Avant les années 70, aucune propriété n’était, pour ainsi dire, revendiquée sur les logiciels. Néanmoins, la démocratisation de l’informatique va changer la donne, et favoriser le développement d’un marché du logiciel. Peu à peu ces produits immatériels vont se transformer en produits de consommation, à l’instar des livres ou des disques, par la reconnaissance d’un droit de propriété « intellectuelle » (en l’occurrence le droit d’auteur). Le logiciel fait alors l’objet d’un réel droit de propriété et sera vendu à l’unité pour un usage très limité dès les années 1980. En conséquence, les utilisateurs ne sont plus en droit d’utiliser les logiciels comme ils le souhaitent et doivent accepter de se conformer aux licences associées aux logiciels et définies par leur constructeur. 1980 fut l’âge d’or des éditeurs de logiciels (qui démocratisèrent le "shrink wrap", contrat associé à des logiciels vendus « sur étagère », et accepté par l’ouverture du produit), sur lequel reposent toujours des sociétés telles que Microsoft, Oracle, SAP, etc. Ajoutons que parallèlement au développement de cette industrie (intimement liée à l’extension des droits qu’elle entretient par un lobbying intensif), certains logiciels continuèrent néanmoins à être créés collectivement, toujours au sein de la recherche (principalement au sein de l’Artificial Intelligence Lab du MIT, dit l’”AI Lab”), mais aussi parmi une communauté croissante de hackers. Ces derniers, n’ayant pas les moyens ou ne souhaitant pas acheter de telles licences (alors généralement négociées par et pour les seules universités), mirent en place des règles de non-appropriation (non exclusivité) au travers des licences libres, rétablissant ainsi une confiance nécessaire au développement d’un projet commun. **Ressources** : * [Histoires et cultures du Libre. Des logiciels partagés aux licences échangées](https://framabook.org/histoiresetculturesdulibre/)

histoirelogiciel libre
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Comments

Sam Taylor
Sam Taylor 3 hours ago

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Jordan Lee
Jordan Lee 5 hours ago

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Riley Kim
Riley Kim 1 day ago

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